On se retrouve pour la suite de la série d’articles « Créer une chaîne Hi-fi DIY à base de Raspberry Pi », et aujourd’hui, je vais vous parler des différents composants que j’ai utilisés pour ce projet. Pour celles et ceux qui l’auraient raté, je vous invite à cliquer ici afin de lire la première partie, qui vous expose la base du projet.

Le coeur du projet = Un Raspberry Pi !

Comme le titre l’indique, ce projet de chaîne Hi-fi est donc basé sur un Raspberry Pi, ici dans sa version 3 ! Pourquoi avoir choisi un Pi 3 ? Tout simplement parce qu’il s’agit du plus puissant des Raspberry à l’heure actuelle, mais également parce qu’il dispose du Wifi. En effet, lorsque le projet sera terminé, sa place sera dans la cuisine. Seul endroit où je n’ai pas fait mettre de prise RJ45…

Raspberry Pi 3

Raspberry Pi 3

Vous le savez j’aime beaucoup le Pi, et étant donné qu’il est très répandu, beaucoup d’accessoires divers ont été créés pour celui-ci. Il est donc plutôt facile de trouver des composants.

Un Amplificateur audio & un DAC

Dans mon cas, j’avais besoin d’un amplificateur afin de transmettre le son du Raspberry vers les enceintes. En cherchant sur internet je me suis dirigé en premier lieu vers le HiFiBerry AMP+, qui est capable de fournir 25 Watts de puissance. En plus de cela, il dispose de son propre DAC, afin d’obtenir un son bien plus qualitatif. Car de base, soyons honnêtes, le son fournit par le Pi à travers sa sortie jack n’est pas top. À moins de passer par la prise HDMI, mais cela complexifie la chose, et ce n’est pas ce que je cherche.

Hifiberry AMP+

Hifiberry AMP+

Mais, à force de chercher, je suis tombé sur la carte ST400 V2 de chez Audiophonics.fr qui propose plus ou moins la même chose que le HiFiBerry AMP+, mais qui à également un potentiomètre pour le volume, et une LED infrarouge. Gros avantage, cela me permet de gérer le volume via le bouton déjà existant sur la chaîne hi-fi, ce qui est très pratique, et permet d’améliorer l’intégration globale. On passe d’un simple boîtier, à une vraie chaîne avec les boutons d’origines qui deviennent utilisables. De quoi « tromper » un utilisateur non averti.

Audiophonics ST400 V2

Audiophonics ST400 V2

La LED infrarouge, sur le papier, me permettra de gérer tout ça via la télécommande d’origine, de quoi améliorer encore un peu l’utilisation de ce projet. On verra plus tard que finalement, cette LED infrarouge ne sera pas utilisée, du moins pas celle-ci.

Une alimentation électrique suffisante

Avec le ST400 V2 et le Raspberry Pi, je me retrouve donc avec l’essentiel pour fabriquer ma chaîne Hi-Fi. Néanmoins, il reste la partie alimentation à gérer, car l’alimentation 5V à 3A de mon Pi ne sera pas du tout suffisante pour alimenter la carte ST400, capable, elle, de fournir 2x20W aux enceintes !!! Je vous laisse faire le calcul, mais l’alimentation du Pi ne peut fournir que 15 Watts maximum. Il me faut donc une autre alimentation.

L’avantage, c’est que la ST400, est capable de recevoir une alimentation comprise entre 6V et 24V, et permet ensuite de fournir les 5V au Raspberry Pi directement via les ports GPIO. Audiophonics recommande une alimentation 12V à 2A, soit 24W. Personnellement je trouve cela un peu juste pour alimenter correctement l’amplificateur, le DAC, et le Pi 3 ! Dans l’idéal, je pars donc sur une alimentation d’au moins 60 Watts afin d’avoir un peu de marge, au cas ou.

Alimentation Externe Audiophonics

Alimentation Externe Audiophonics

J’ai commencé par regarder dans les entrailles de la chaîne Philipps pour savoir si l’alimentation intégrée était capable de fournir plusieurs Ampères, malheureusement, celle-ci est limitée à 1 Ampère sur 12V. Tanpis !
L’une des solutions les plus simples est donc d’acheter un boîtier d’alimentation comme celui-ci et c’est réglé. Mais je suis exigeant, et je ne souhaite pas couper le câble électrique de la chaîne d’origine, et me retrouver avec un gros boîtier d’alimentation externe … C’est moche et peu pratique.

La meilleure solution selon moi est de commander une carte comme celle-ci qui va convertir le 220V de votre prise en 12V 5A. Grâce à ce type de carte, je vais pouvoir l’intégrer dans la chaîne et re-utiliser le câble d’alimentation d’origine.

Carte d'alimentation 220V vers 12V, 5A

Carte d’alimentation 220V vers 12V, 5A

On a tout ce qu’il faut, on peut commencer ?

Eh bien non, ce n’est pas fini ! On parle d’une chaîne Hi-fi connectée, donc pilotable via sa tablette ou son smartphone, et via son ordinateur un peu à la manière de Spotify. Cela implique que toutes les infos sont sur l’application en question. Mais voulant garder l’esprit originel de cette Philips, je voulais donc un écran permettant d’y lire ce qui se passe en temps réel. Vous lisez une musique, le titre et l’artiste s’affichent. Vous montez le volume ? Un indicateur de volume s’affiche. Du moins c’est ce vers quoi j’espérais arriver.

Ecran OLED

Ecran OLED

Malheureusement, je ne suis pas développeur, je n’ai donc pas les compétences pour faire cela moi même. Et c’est là que toute la communauté autour du Raspberry Pi est intéressante. Audiophonics vend un écran OLED, compatible avec le Pi, et un script permettant de le contrôler. Mais il y a encore mieux, et c’est à dhrone, qu’on le doit. Il a développé un script, qui se nomme pydPiper, permettant de contrôler un écran (plusieurs types d’écrans sont compatibles). Titre/artistes, heure, barre de volume, et même température en fonction de votre localisation sont disponibles. PARFAIT ! Un grand merci !

Un petit détail supplémentaire, l’infrarouge

À partir de maintenant, on touche au but, nous avons l’intégralité des composants, ou presque. Enfin jusqu’à ce que je souhaite pouvoir allumer/éteindre la chaîne Hi-Fi à partir de la télécommande, et donc via infrarouge. La carte ST400 dispose d’une LED infrarouge, j’ai donc cherché comment réaliser cela. Après des heures de recherche, il ne semble pas possible de démarrer le raspberry pi via l’infrarouge. En effet, il faudrait que le Pi soit toujours allumé afin d’interpréter le code infrarouge et donc démarrer le système. L’arrêt est envisageable, mais pas le démarrage…

Puis au fur et à mesure de mes recherches, je suis tombé sur la carte RemotePi Board, une carte permettant justement de démarrer/éteindre un raspberry pi via une télécommande infrarouge ! Il suffit de brancher l’alimentation sur cette carte plutôt que sur le Raspberry Pi, et de la brancher sur les ports GPIO. Ensuite il faut enregistrer la commande infrarouge permettant d’allumer et d’éteindre le Pi. Pour cela, il faut rester appuyé sur le bouton, jusqu’à ce que la LED clignote en orange, à ce moment il faut appuyer sur le bouton de la télécommande voulu. Vraiment très simple !

Remote Pi Board

Cette communauté est vraiment folle, tout, ou presque existe, ce qui vous ouvre un grand nombre de portes pour vos projets. Cette carte est donc le dernier élément qui compose ma chaîne hi-fi.

Une fois tous les composants en ma possession, les différents tests ont commencé. J’ai eu pas mal de soucis, que cela soit sur l’installation, ou la difficulté de câblage afin de ne pas faire n’importe quoi, et être sûr que chaque carte puisse fonctionner avec les autres. En effet, chaque carte (hormis celle d’alimentation) utilise les ports GPIO pour fonctionner avec le Pi, il a donc fallu s’assurer que les cartes n’utilisaient pas les mêmes broches avant d’aller plus loin.

Rassurez-vous je n’ai pas acheté tout le matériel avant et vérifié la compatibilité ensuite. Non, j’ai commencé par la carte ST400, puis l’écran OLED, et enfin le RemotePi Board. Avant de commander chaque carte, je me suis donc assuré que je pourrais la connecter au Pi sans aucun souci.

Premiers tests

Une fois tout le matériel acquis, j’ai branché rapidement les différentes cartes, et installé tout le logiciel nécessaire afin de valider le bon fonctionnement de chaque élément. J’ai testé le son via l’amplificateur, le potentiomètre de volume, puis l’écran OLED, et enfin le RemotePi Board.

Une fois le fonctionnement plus ou moins validé, j’ai pu commencer à intégrer le matériel dans la chaîne Hi-fi, réfléchir au câblage interne, à l’emplacement de chaque élément, etc. Honnêtement c’est sûrement la partie la plus complexe, et celle qui m’a pris le plus de temps. Sans compter les problèmes qui vont apparaître au fur et à mesure de l’intégration. Je vous en parlerais plus en détail dans la 3ème partie. 😉

Pour résumer

Pour terminer cette deuxième partie concernant le matériel utilisé, voici un petit récapitulatif des éléments que j’ai acquis et qui compose ce projet :

Ci-dessus vous retrouvez les pièces principales du projet, mais j’ai également dû récupérer ou acheter des petits composants à droite et à gauche. J’ai essayé de récupérer au maximum certains composants de la chaîne (Bouton poussoir, etc.), mais certains ont lâché, et j’ai donc dû acheter des équivalents.

Bref, vous l’aurez compris, c’est un projet pas simple à réaliser, et qui prend beaucoup de temps, mais c’est très plaisant.

Je ne fais pas plus long, et je vous donne rendez-vous pour la 3ème partie, qui sera concentrée sur l’installation logicielle et l’intégration des composants.

À bientôt sur cloriou.fr !